Afin de donner quelques points de repère, voici une échelle de bruits permettant de juger de l'importance relative des bruits ainsi que de la perception humaine des sons.
Seuil de douleur
120
110
Bruits dangereux
100
Bruits nocifs
Exemples:
véhicule lourd roulant à 80 km/h sur l'autoroute, entendu à 10 m
deux voitures roulant à 80 km/h sur l'autoroute, entendues à 10 m
rue commerciale piétonne le jour
90
90
80
70
Seuil d'endormissement
Exemples :
rue calme la nuit
studio d'enregistrement
respiration normale
40
40
20
10
Seuil d'audibilité
0
En augmentant le niveau sonore de 10 décibels, on double le bruit quant à la perception, c’est-à-dire que l’on a l’impression que le bruit est deux fois plus élevé.
Seuils à respecter
Les niveaux sonores maximaux spécifiés aux contrats accordés en 2003 en bordure des chantiers où l’on retrouve des zones résidentielles sont indiqués ci-dessous.Ces seuils ont évolué au fil des ans, et ils tendent à diminuer au fur et à mesure que l’expertise et les mesures d’atténuation se développent dans ce domaine.
Période
Niveau sonore autorisé en décibels A
Jour
(7 h à 19 h)
75 décibels ou bruit ambiant avant les travaux, majoré de 5 décibels (le plus élevé des deux est le niveau retenu)
Soir
(19 h à 22 h)
bruit ambiant avant les travaux, majoré de 5 décibels
Nuit
(22 h à 7 h)
bruit ambiant avant les travaux, majoré de 5 décibels
Où :
Niveau sonore autorisé : représenté par un niveau sonore qui prend en considération les bruits de pointe qui se démarquent du bruit moyen. Le temps de mesure est 30 minutes.
Bruit ambiant avant les travaux : représenté par un niveau sonore moyen mesuré sur une période minimale de 24 heures avant le début des travaux de construction. Le bruit ambiant est évalué pour le jour (7 h à 19 h), le soir (19 h à 22 h) et la nuit (22 h à 7 h).
Les niveaux sonores autorisés représentent les limites à ne pas dépasser et ils sont mesurés à cinq mètres du bâtiment à protéger (habitation, école, hôpital, par exemple).
Lorsqu’un chantier est situé à proximité de résidences, un programme de gestion du bruit doit être élaboré, implanté et suivi. Ce programme, conçu par le Ministère et l’entrepreneur, explique la méthodologie qui sera utilisée pour effectuer les activités du chantier en conformité avec les niveaux sonores autorisés. Il comprend généralement ce qui suit :
la description du secteur où les activités ont lieu;
les niveaux sonores anticipés pendant les travaux;
les mesures d’atténuation prévues ainsi que leur efficacité;
la procédure de mise en place des mesures d’atténuation.
Afin de s’assurer que les niveaux sonores autorisés ne sont pas dépassés et que les mesures d’atténuation sont efficaces, un suivi acoustique est réalisé tout au long des travaux par l’entrepreneur et le surveillant de chantier. La fréquence et le nombre de relevés sonores sont fonction de la durée du chantier et de la proximité des zones résidentielles. Un chantier nécessitant des travaux de nuit fera généralement l’objet d’un suivi plus élaboré que dans le cas d’un chantier où les travaux sont effectués de jour.
Le plan de suivi acoustique comprend généralement ce qui suit :
la localisation des sites de relevés sonores;
le type d’équipement utilisé pour les relevés sonores;
les méthodes et le temps de mesure prévus, la procédure de traitement des plaintes;
la procédure à suivre lorsque les niveaux sonores mesurés dépassent les seuils permis.
Le suivi acoustique implique également la réalisation de relevés sonores ayant pour but d’évaluer le bruit produit par l’équipement et les outils utilisés sur le chantier afin de s’assurer qu’ils respectent les niveaux d’émission sonore spécifiés aux fiches techniques, qu’ils sont bien ajustés et que leur entretien est adéquat.
Dans le cas où les niveaux sonores s’avèrent être plus élevés que ceux qui sont déjà établis, le Ministère fait parvenir à l’entrepreneur un avis l’informant de corriger la situation. Il peut s’agir également d’évaluer avec ce dernier la possibilité de mettre en place des mesures d’atténuation additionnelles. Dans les cas les plus graves, les mesures prises peuvent aller jusqu’à la suspension temporaire des travaux le temps de trouver une autre solution. Dans le cas où l’ensemble des mesures prévues au programme de suivi acoustique n’est pas mis en place, le Ministère peut imposer des amendes.
Ce logo, apposé sur certains équipements ou murs temporaires délimitant le chantier, signifie qu’il s’agit de mesures mises en œuvre par le ministère des Transports en vue d’atténuer le bruit résultant des travaux.
Ajout de silencieux sur l'équipement
Marteau hydraulique insonorisé
Le marteau hydraulique est utilisé pour la démolition. Lorsqu’il est recouvert d’un caisson comme le montre la photo de gauche, cela permet une réduction sonore d’environ 10 décibels, ce qui représente deux fois moins de bruit qu’un brise-roche traditionnel (photo de droite).
Ce marteau hydraulique est recouvert d’une toile acoustique, ce qui permet une réduction sonore d’environ 10 décibels (deux fois moins de bruit qu’un marteau non recouvert). Toutefois, ce type d’équipement est généralement utilisé pour des travaux de courte durée.
La Direction de l’Île-de-Montréal du ministère des Transports participe à la conception de prototypes pour des silencieux à installer sur d’autres types d’appareils, notamment pour les lances de jet de sable, utilisées pour nettoyer les armatures après une période de démolition, et les lances de l’équipement d’hydrodémolition, utilisées pour démolir des surfaces de béton à l’aide de jets d’eau à haute pression.
Ajout d'écrans antibruit temporaires
Écran antibruit temporaire entourant une zone de travaux
Les écrans antibruit temporaires permettent une réduction sonore de 10 à 15 décibels pour les rez-de-chaussée et le 1er étage des habitations situées près des travaux (environ deux fois moins de bruit).
L’efficacité des murs antibruit varie en fonction de l’étage sur lequel on se trouve. Ainsi, le rez-de-chaussée et le 1er étage sont les plus efficacement protégés du bruit, tandis que ce type de mesure perd de son efficacité aux étages supérieurs.
Par contre, selon le type de travaux en cours, les étages très hauts, à partir du 7e étage notamment, sont moins exposés au bruit.
La hauteur de ce type d’écran est limitée actuellement à environ quatre mètres pour des raisons de sécurité, notamment à cause de la résistance aux charges de vent.
La composition de ce type d’écran est la suivante :
feuilles de contreplaqué
(1,9 cm d’épaisseur);
laine minérale (5 cm d’épaisseur);
treillis métallique pour maintenir la laine en place.
Le côté recouvert de laine minérale est placé vers la zone de travaux afin d’absorber le bruit.
Écran antibruit mobile
Ce type d’écran est utilisé pour entourer de l’équipement fixe (par exemple, une génératrice ou un compresseur).
Son efficacité varie de 10 à 15 décibels, selon l’endroit où se trouve l’observateur.
Écran déplaçable
Écran sur chariot élévateur
Ce type d’écran est généralement utilisé pour suivre de l’équipement qui doit être déplacé fréquemment (par exemple, des scies ou des marteaux pneumatiques).
Écran sur nacelle en ciseau
Tout comme l’écran sur chariot élévateur, l’écran sur nacelle en ciseau est utilisé pour suivre de l’équipement qui doit être déplacé, mais qui est situé à des endroits difficiles d’accès, comme les murs extérieurs d’une route surélevée.
Écran sur nacelle
Ce type d’écran est utilisé généralement à l’occasion du nettoyage au jet de sable.
Ajout de rideaux accoustiques aux extrémités de tunnels
Structure
Lorsque des travaux sont prévus dans des tunnels autoroutiers situés dans des quartiers résidentiels, comme c’est le cas pour le tunnel Notre-Dame-de-Grâce, des rideaux acoustiques peuvent être installés.
La structure métallique qui a été installée aux extrémités du tunnel Notre-Dame-de-Grâce permet de mettre en place ce type de mesure.
Rideaux relevés
Vue des rideaux relevés pendant le jour. Ils sont attachés à la structure métallique. Le sommet ainsi que les côtés de la structure sont fermés à l’aide de contreplaqué afin de s’assurer de l’étanchéité de l’ensemble lorsque les rideaux sont abaissés.
Rideaux fermés
La nuit, lorsque l’autoroute Décarie est fermée à la circulation, les rideaux sont abaissés manuellement ou à l’aide d’un treuil dans le cas des grandes toiles.
Substitution ou déplacement d'équipement très bruyant, modification des méthodes de travail
Utilisation d’équipement moins bruyant
Le Ministère exige par contrat d’utiliser de l’équipement générant moins de bruit. L’image de gauche montre un type de marteau utilisé au chantier Décarie. Il s’agit d’un outil dont la conception (enveloppe fermée) génère environ deux fois moins de bruit qu’un brise-roche plus traditionnel de type ouvert comme celui de droite.
Utilisation d'alarmes de recul à intensité variable
Tous les équipements munis d'une alarme de recul et qui sont en permanence au chantier doivent être équipés d'une alarme à intensité variable. Cette alarme est ajustée selon le bruit ambiant sur le chantier.
Ainsi, une alarme de recul à intensité variable permet de diminuer le bruit qu'elle émet lorsque les niveaux de bruit générés par les travaux sont de moindre importance, ce qui n'est pas le cas d'une alarme conventionnelle. Cette dernière peut générer un bruit constant de 110 décibels. L'utilisation d'une alarme qui s'ajuste au bruit ambiant permet généralement de réduire de moitié le bruit produit par ce type d'alarme.
Restriction sur l'utilisation de freins moteurs
Les freins moteurs, communément appelés « freins Jacob », servent surtout à améliorer l'efficacité du freinage des camions qui sont notamment très chargés ou se trouvant dans une dénivellation. Leur utilisation engendre un bruit bien identifiable qui est jugé généralement irritant. À moins que la sécurité ne soit compromise, des restrictions sur l'utilisation des freins moteurs sont imposées aux camions circulant sur le chantier.
Choix d’une technique de démolition moins bruyante
Lorsque c’est possible techniquement, un équipement peut être remplacé par un autre moins bruyant. Dans cet exemple, la démolition est effectuée à l’aide d’une mâchoire plutôt que d’un brise-roche ou de marteaux pneumatiques.
Modification des méthodes de travail
Diverses mesures peuvent être mises en place sur un chantier, en considérant la nature des travaux, les contraintes liées au site ainsi que la sécurité des usagers de la route.
Le Ministère tente, dans la mesure du possible, de réaliser pendant le jour les activités générant le plus de bruit, et ce, afin de diminuer le niveau d’inconfort des résidents la nuit. À titre d’exemple, il peut s’agir d’effectuer le jour un présciage des surfaces de béton à démolir afin de réduire le temps de démolition la nuit, d’utiliser des alarmes de recul moins bruyantes sur les véhicules ou de toute autre mesure permettant de réduire le bruit produit par les différentes activités du chantier.
Mise en place d'une méthode de masquage sonore
Pour une question de gestion de la circulation et de sécurité, certains travaux doivent être réalisés de nuit. Conséquemment, bien que des mesures d’atténuation sont mises en place, il arrive que dans certains cas, la nature des bruits résiduels en provenance du chantier puisse tout de même altérer la qualité du sommeil des résidents.
En automne 2003, dans le cadre de l’un de ses chantiers, la Direction de l’Île-de-Montréal a mis en place, en collaboration avec une équipe de spécialistes de l’École d’orthophonie et d’audiologie de l'Université de Montréal, un projet d’expérimentation pour masquer les bruits occasionnés par les travaux routiers grâce à des sons de la nature, jugés plus agréables. L’expérience consistait notamment en la diffusion de sons de vagues et de chutes d’eau par le biais d’enceintes acoustiques de grandes dimensions installées à l’extérieur des habitations, dans le secteur le plus sensible au bruit des travaux. Plutôt que d’entendre les marteaux-piqueurs, les riverains pouvaient donc s’endormir sur les bruits d’eau. Puisque les résultats de cette expérience se sont avérés prometteurs, l’approche sera appliquée à d’autres chantiers de construction de Montréal afin de valider son efficacité et de tester d’autres types de sons.
Arrosage et balayge des artères pour diminuer l'émission de poussière
Arrosage durant certaines opérations
L’application plus rigoureuse du règlement municipal en matière d’environnement oblige le Ministère ou ses mandataires, au moment des travaux, à mieux contrôler l’émission de poussière.
Ainsi, de l’eau est vaporisée au moment du perçage, du sciage et du concassage du béton afin de rabattre la poussière au sol et d’en contrôler ainsi l’émission.
Arrosage et balayage des artères
Depuis 2003, un suivi à l’aide d’échantillons prélevés à proximité des chantiers est effectué afin de s’assurer du respect des exigences de la Ville de Montréal (règlement no 90). Arrosage et balayage des artères
En plus du nettoyage des artères, d’autres mesures, telles l’utilisation de bâches ou la modification de certaines techniques de travail, sont utilisées afin de minimiser l’émission de poussière.