Le modèle de transport interurbain des marchandises vise à étudier et simuler le parcours, sur l'ensemble du réseau routier nord-américain, des déplacements interurbains de camions lourds qui empruntent le réseau de camionnage du territoire québécois. Élaboré avec le progiciel TransCAD, il permet de faire des analyses sur le transport des marchandises à l'échelle du Québec et sur les échanges entre le Québec et ses partenaires économiques.
À quoi sert le modèle ?
Le Ministère utilise ce modèle pour caractériser les déplacements interurbains de marchandises sur le réseau de transport existant ou pour évaluer l'impact qu'aurait l'ajout ou la modification d'éléments du réseau routier sur les déplacements de camions lourds. Le modèle vient aussi appuyer l'évaluation de programmes, de mesures ou d'orientations ayant trait au transport routier des marchandises.
Exemples d'application
Quel est le flux de camions passant par telle route ou tel poste frontalier ?
Quels sont les axes empruntés par les véhicules lourds dans les échanges avec les partenaires économiques du Québec ?
Quels sont le nombre et les caractéristiques des déplacements entre les régions administratives du Québec ou entre le Québec et ses partenaires ?
Quel est le portrait des flux de déplacements selon différents types de configuration de camions (porteurs, semi-remorques et trains routiers) ?
Comment se distribuent les flux de déplacements en fonction des classes de marchandises ?
Quel est le taux de chargement ou la proportion de camions vides dans tel corridor ?
Quelles sont les caractéristiques des déplacements qui passent par tel lien autoroutier ou qui franchissent tel poste frontalier ?
Exemple d'un résultat d'analyse sélective. Profil des flux de déplacements des véhicules empruntant l'autoroute 55 à Rock Island (Les bâtonnets représentent l'apport de chaque région)
Le modèle permet d'illustrer sur le réseau codifié les résultats simulés suivants :
la distribution des échanges entre des régions, provinces ou États pour les déplacements qui s'effectuent sur l'ensemble du territoire québécois ou pour des sous-ensembles spécifiques de ceux-ci;
les flux de déplacements classifiés selon : leur longueur, le type de marchandises transportées, la configuration des camions, l'état de chargement, etc.;
le ou les chemins empruntés (tronçons routiers, ponts, etc.).
Exemple d’un résultat d'analyse stratifiée. Profil des flux de déplacements selon le type de marchandise à bord
Exemple d’un résultat d'analyse stratifiée. Profil des flux de déplacements selon la configuration des véhicules lourds
Comment modélise-t-on le réseau et la demande ?
Le progiciel TransCAD est un système d'information géographique en transport (SIG-T) qui exploite des procédures de simulation des systèmes de transport et qui repose sur des bases de données géospatiales. Ceci permet de jumeler la codification de réseaux de transport et les calculs liés à l'affectation de déplacements sur ce réseau codifié.
Le modèle de réseau codifié pour le camionnage comprend, à l'échelle de l'Amérique du Nord, toutes les autoroutes, les routes majeures ainsi que les liaisons par traversiers; cela représente un peu plus de 176 000 liens bidirectionnels. Le réseau couvrant le territoire québécois est dérivé du Réseau Multi-Modal du Québec (RMMQ) développé par le Ministère. Celui-ci comporte un raffinement particulier pour bien y représenter les vitesses de référence et les réseaux artériels dans les grandes agglomérations et inclut un découpage du territoire québécois en secteurs municipaux. Le réseau hydrographique ainsi qu'une table géoréférencée des toponymes nord-américains ont été ajoutés en complément au RMMQ.
Signalons que ce modèle de réseau est également utilisé pour établir les distances et temps de parcours inter-localités à l’échelle du Québec, disponibles à partir de l’Atlas routier du Québec ou du présent site.
Réseau codifié du territoire dans TransCAD
Le modèle d’analyse du camionnage interurbain repose sur une approche de traitement désagrégé, où est affectée sur le réseau codifié la demande en déplacements dérivée d'une enquête réalisée en bordure de route auprès des camionneurs (voir encart).
Enquête en bordure de route
Ce type d'enquête vise à recueillir des données factuelles décrivant les déplacements interurbains de camions lourds. La dernière enquête pancanadienne du genre, l'Enquête sur le camionnage de 1999, fournit des informations sur les itinéraires empruntés par les camionneurs au Québec et chez ses partenaires de l'Amérique du Nord, les lieux d'origine et de destination des déplacements, le poids et la configuration du camion, la nature de son chargement, le type de véhicule et ses équipements, la catégorie de transporteur, etc.
Les résultats de cette enquête ont permis de dresser un portrait de l'activité de camionnage de longue distance au Québec. Cette analyse ainsi que de plus amples explications méthodologiques se trouvent dans le rapport disponible auprès du centre de documentation du Ministère.
Dans l'Enquête sur le camionnage de 1999, un déplacement est défini comme « le parcours d'un camion (3 000 kg et plus) dans son état courant de chargement au point d'enquête ». Un déplacement est dit « interurbain » s'il est d'au moins 80 km. Il se termine uniquement lorsque l'état de chargement (vide ou avec marchandise) du camion lourd change.
Plus précisément, un déplacement interurbain de camion correspond au parcours entre une suite de points intermédiaires :
le site d'enquête (SE);
l'origine (O);
la destination (D);
l'arrêt précédent (PA) et le suivant (SA);
les entrées (EP) et sorties (SP) de la province d'enquête;
ou les entrées (EC) et sorties (SC) au Canada.
Exemple d'un déplacement interurbain entre le Wisconsin et le Maine, de véhicules empruntant le réseau québécois
Par traitement séquentiel, on peut déduire cette chaîne logique des étapes du déplacement et ensuite l'affecter sur le réseau codifié comme un seul et même parcours. Le modèle est basé sur l'hypothèse d'affectation « tout-ou-rien », soit le calcul du plus court chemin pour chaque tronçon entre deux points-clés sur la base du temps de parcours minimum. Toutefois, il ne tient pas compte de l'état de congestion du lien; les temps de parcours sont dérivés des vitesses de circulation à écoulement libre.
Des comptages routiers ont été réalisés parallèlement à l'enquête puis comparés aux flux dérivés de l'affectation lors du calage de la procédure d'affectation. L'étape de calage permet d'ajuster les paramètres du modèle afin que les résultats de l'affectation se rapprochent le plus possible de la réalité. Le modèle est validé en comparant les flux obtenus par affectation aux relevés de circulation recueillis lors des comptages routiers. Le modèle calé, on peut alors procéder aux analyses de flux et, par la suite, appliquer le modèle à des scénarios de modification du réseau de camionnage.