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Photographie illustrant les effets de l'érosion côtière L'érosion côtière est un cycle naturel de déplacement des sédiments causé par l'action combinée de la mer et des facteurs climatiques tels que les niveaux d’eau, les glaces, les tempêtes les précipitations et le gel-dégel. Dans l'estuaire maritime et le golfe du Saint-Laurent, ce phénomène semble s'accroître depuis quelques années, ce qui représente une menace pour les activités et les infrastructures de transport situées près des côtes. Cette intensification de l’érosion côtière a été documentée et, selon la Chaire de recherche en géoscience côtière de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), 60% des côtes de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent sont en érosion.

Les zones côtières ont une importance sociale, économique et environnementale cruciale. Elles constituent un lieu privilégié d'établissement des populations humaines. C'est pourquoi les activités et les infrastructures de transports des personnes et des marchandises sont essentielles pour desservir ces régions.

Une menace sérieuse
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Photographie illustrant les effets de l'érosion côtière Les experts s'accordent pour dire que les zones côtières sont particulièrement sensibles aux changements climatiques. Le réchauffement de température anticipé mène à la fonte des glaciers et à l'expansion thermique des océans, ce qui contribue à la hausse du niveau de la mer. Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) prévoit en effet une hausse moyenne du niveau de la mer, à l'échelle planétaire, de 65 centimètres d'ici 2100. D’autres études plus récentes indiquent qu’en tenant compte de la fonte des glaciers continentaux, cette hausse moyenne du niveau de la mer serait de 80 centimètres d’ici 2100.

La hausse des températures modifie également le régime des vagues, des vents, et des marées, la durée et l'épaisseur du couvert de glace. De plus, l'augmentation du nombre et de l'intensité des tempêtes est appréhendée.

Carte des sites d'érosion aux Îles-de-la-MadeleineTous ces phénomènes ont comme incidence d'accroître les problèmes d'érosion côtière de certaines régions. La submersion des rives et les glissements de terrains pourraient également devenir plus fréquents, particulièrement dans les zones côtières sensibles.

Les infrastructures, construites en bordure des côtes, sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques. Au Québec, les régions de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord ainsi que du Bas-Saint-Laurent seront les plus touchées. Par exemple, aux Îles-de-la-Madeleine, 70% des côtes sont à risque de submersion.

Les dommages à la route 132 en Gaspésie lors d'événements climatiques extrêmes, tels les surcotes de tempête, peuvent être importants, comme ceux survenus à La Martre en décembre 2000. Lors d'une tempête, un tronçon de plus d'un kilomètre de la route 132 a été complètement emporté par la mer.

Les secteurs de route vulnérables à l'érosion côtière en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine ont été identifiés et font l'objet de suivis et de projets de recherche spécifiques dans certains cas.

Photographie d'un chemin de déviation temporaire aménagé à la suite de la tempête (La Martre, décembre 2000)Photographie d'un mur de bois et d'une portion de la route 132 complètement détruits près de l'embouchure de la rivière à La Martre, en GaspésieÀ gauche, vue de l'ouest, mur de soutènement en bois et portion de route complètement détruits après une tempête en décembre 2000, près de l'embouchure de la rivière à La Martre en Gaspésie.

À droite, vue de l'est, chemin de détour aménagé temporairement après la tempête. L’inventaire des sites routiers vulnérables est en cours depuis 2008 dans les régions de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent.

Saviez-vous que …?

Selon les modèles océaniques du golfe du Saint-Laurent, on prévoit que d’ici 2050 la saison pendant laquelle le golfe sera gelé passera de 65 jours à environ 25 jours. Cette diminution favorisera une érosion plus importante des côtes étant donné que les glaces sont reconnues pour atténuer l’action des vagues causées par les tempêtes hivernales.

Carte avec légende indiquant le degré de sensibilité des côtes à l'élévation du niveau de la mer

 Cette carte est établie d'après les renseignements tirés de l'Atlas du Canada.
© 2005. Sa Majesté la Reine du chef du Canada, avec l'autorisation de Ressources naturelles Canada.

Une réponse adaptée
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Photographie aérienne d'une section de littoralComme le propose le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), le ministère des Transports articule ses stratégies d'adaptation autour de la protection, de l'accommodement et du retrait.

La gestion côtière intégrée considère que les options d'adaptation produisent des résultats optimaux quand elles impliquent les riverains et les décideurs locaux.

Protection

Les ouvrages de protection contre l'érosion, comme les murets et les empierrements, nécessitent la définition des critères de design ainsi que l'établissement des coûts de construction et d'entretien.

Photographie aérienne d'une section de la route 138 à Baie-Sainte-Catherine après les travaux d'empierrementOr, les critères de conception de certains ouvrages de protection devront être revus, afin de les rendre plus résistants et mieux adaptés aux nouvelles conditions climatiques. La protection des infrastructures peut être coûteuse et avoir une efficacité à long terme limitée dans un contexte de climat en changement.

Saviez-vous que …?

Les tempêtes, aussi soudaines qu'imprévisibles, causent les principaux dommages que subissent les ouvrages de protection le long des côtes. Par exemple, le passage des ouragans Katrina et Rita en 2005 s’est manifesté par des pluies violentes qui ont provoqué 19 bris majeurs le long de la route 138 sur la Côte-Nord, entraînant la fermeture temporaire de tronçons de route.

Accommodement

Une fois les sites vulnérables identifiés, la mise en place de marges de sécurité et de zones de protection doit être effectuée, de manière à limiter les activités humaines à ces endroits.

Retrait

Le retrait est une forme proactive d’adaptation. Le déplacement d'une route peut s'avérer parfois plus efficient que sa réfection ou la protection des côtes.

Photographie aérienne d'un tronçon de la route 132 après son déplacement

Saviez-vous que …?

Le coût de déplacement de certains tronçons de la route 132 s'élève en moyenne à plus de un million de dollars par kilomètre, sans compter les frais d'expropriation et d'acquisition des terres ainsi que l’application des mesures d’atténuation des impacts environnementaux.

Projets de recherche
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Photographie aérienne d'une sectiondu littoral - Cliquer pour agrandir. Le ministère des Transports du Québec est l'instigateur de plusieurs projets de recherche sur l'érosion côtière, afin de mieux documenter ce phénomène et de déterminer les stratégies et les mesures d'adaptation aux changements climatiques en zone côtière. Deux de ces projets, chacun d’une durée de trois ans, ont été menés en partenariat avec l'Institut national de la recherche scientifique - Eau, Terre et Environnement (INRS-ETE).

Le projet « Technologies géomatiques appliquées au suivi de l’érosion des berges le long de la route 132 en Gaspésie » visait entre autres à suivre l'érosion des berges ainsi que le comportement des ouvrages de protection le long de la route 132 en Gaspésie, à l’aide de nouvelles technologies de géomatique. Les données aéroportées à haute résolution (LIDAR et vidéogrammétrie) ajoutées aux données de terrain, permettent de modéliser et analyser les zones à risque, de cartographier la côte et d’optimiser la prise de décision pour le suivi des sites et la réalisation des interventions du MTQ le long de la route 132. Ce projet s’inscrit dans une activité globale de recherche du réseau GEOIDE.

Photographie aérienne d'une sectiondu littoral - Cliquer pour agrandir. Le projet « Étude hydrodynamique, sédimentologique et biologique des sites de Maria, Saint-Siméon, Bonaventure, Newport et Cap-d’Espoir dans la Baie des Chaleurs, Gaspésie » visait à suivre l’évolution des phénomènes d’érosion et de sédimentation de quatre sites situés le long de la route 132 en Gaspésie.

D’autres projets de recherche sont en cours avec l’INRS-ETE et l’Université du Québec à Rimouski.

Un autre projet, réalisé avec la Chaire de recherche industrielle en bases de données géospatiales décisionnelles du Centre de recherche en géomatique de l’Université Laval, a été complété en 2010. Il consistait à créer un outil web novateur pour améliorer la gestion de l’érosion côtière le long des infrastructures routières en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Le Ministère a aussi collaboré à la réalisation d’un projet de recherche d’une durée de 28 mois avec Ouranos. Ce projet, intitulé « Étude de la sensibilité des côtes et de la vulnérabilité des communautés du golfe du Saint-Laurent aux impacts des changements climatiques », avait pour objectif général d’évaluer les principaux impacts des changements climatiques sur la dynamique côtière de la région du golfe du Saint-Laurent et de proposer des solutions d’adaptation appropriées. Le rapport sommaire du projet est accessible sur le site d’Ouranos.

Enfin, depuis novembre 2006, le ministère des Transports est l’un des cinq ministères cosignataire et associé à la mise en œuvre du Cadre de prévention et d’atténuation des principaux risques naturels (érosion, glissement de terrain et inondation). L’application de ce cadre implique la coordination soutenue des acteurs gouvernementaux et municipaux afin de mettre en place la base des mécanismes nécessaires à la gestion harmonisée des risques et de l’aménagement du territoire. Le gouvernement du Québec y a consenti 55 M$ répartis sur 5 ans. Il s’agit d’une stratégie d’intervention préventive qui s’inscrit dans une perspective de développement durable, axée sur le partenariat et favorisant une approche concertée pour la prise de décision. Le cadre de prévention, qui prenait fin au 31 mars 2011, a été reconduit jusqu’en 2013.

Documentation
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