Le premier tronçon de l’autoroute Robert-Cliche (73) d’une longueur de 34,3 km a été ouvert à la circulation entre Lévis et Scott en 1977. Depuis, cinq nouveaux tronçons, totalisant une longueur de 34,8 km, sont accessibles, le plus récent étant situé entre la route 276 à Saint-Joseph-de-Beauce et la route du Golf à Beauceville. Cette section de l’autoroute est ouverte depuis le 15 novembre 2007. Ainsi, l’autoroute Robert-Cliche relie Lévis à Beauceville sur une distance de 69,1 km.
Pour se rendre à Saint-Georges, le pôle de développement économique de la région, il ne reste que deux tronçons à réaliser : le premier, de 13,4 km, entre Beauceville et l’entrée nord de Saint-Georges, et le second, de 4,3 km, entre la limite nord de Saint-Georges et la route 204 Est. Le tronçon entre Beauceville et Saint-Georges est devenu une nécessité pour le développement de la région. En effet, l’économie engendre un important volume de transport de marchandises et fait croître la population des municipalités environnantes. L’arrivée d’une autoroute sera principalement bénéfique aux secteurs de l’industrie, du commerce, ainsi que du transport des marchandises et des personnes. De plus, le potentiel touristique de la Beauce s’en trouvera favorisé. Le prolongement de l’autoroute Robert-Cliche entre Beauceville et Saint-Georges est un des projets de l’entente conclue entre les gouvernements du Québec et du Canada dans le cadre du Fonds sur l’infrastructure frontalière (FIF).
Objectifs
Augmenter la capacité et la sécurité du corridor de déplacement entre Beauceville et Saint-Georges
Améliorer la circulation locale en ajoutant un nouvel axe nord-sud qui traversera la rivière Famine à Saint-Georges
Faciliter la circulation de transit sur la route 173
Améliorer la qualité de vie des citoyens qui habitent aux abords de la route 173
Tronçon entre la route du Golf à Beauceville et la 74e Rue (entrée nord) à Saint-Georges
Le projet consiste à construire une autoroute à quatre voies, réparties sur deux chaussées séparées par un terre-plein central de 26 m, sur une distance d’environ 13,4 km. Cette section de l’autoroute nécessitera la construction de 16 nouvelles structures, de deux échangeurs ainsi que de deux nouvelles routes appelées « routes de raccordement ».
Le premier échangeur sera situé à la limite des municipalités de Beauceville et de Notre-Dame-des-Pins et le second à environ 600 m au sud de la route Cumberland, à l’entrée nord de Saint-Georges.
Deux routes de raccordement seront construites, soit le raccordement Sud à Notre-Dame-des-Pins et celui de la 74e Rue, au nord de Saint-Georges. À Beauceville, la 181e Rue sera prolongée et passera sous l’autoroute pour relier le chemin de desserte est et le parc industriel.
Tronçon entre la 74e Rue (entrée nord) et la route 204 Est à Saint-Georges
Le dernier tronçon, qui sera construit sur une distance de 4,3 km, comprend la construction d’un pont au-dessus de la rivière Famine, d’un pont d’étagement à la hauteur de la 90e Rue, ainsi que d’un carrefour giratoire à l’intersection de la route 204 Est. Le pont au-dessus de la rivière Famine comptera quatre voies séparées par un mur de béton continu de type « New Jersey ».
L’autoroute 73 comportera quatre voies de circulation réparties sur deux chaussées séparées par un terre-plein central sur une longueur de 4,3 km. Ce dernier conservera sa largeur de 26 m sur 1,3 km pour ensuite diminuer à 4,5 m sur les 2,4 km suivants. Puis, le terre-plein mesurera 15 m jusqu’à la route 204. À la toute fin du tronçon, un carrefour giratoire ainsi qu’un îlot central de 5 m seront aménagés.
Les travaux de prolongement de l’autoroute 73 ont débuté le 2 novembre 2009 à Saint-Georges par le déboisement de l’aire située entre la rivière Famine et la route 204, lequel a été terminé à la fin du même mois. Les travaux de déboisement de la partie comprise entre la rivière Famine et la 90e Rue ont quant à eux repris à la mi-septembre 2010 pour se poursuivre jusqu’à la fin octobre.
Le mois de juin 2010 a marqué le début des travaux visant à relier le nord de la ville de Saint-Georges à la route 204. Cette première phase consiste essentiellement à réaménager la route 204 à quatre voies, ce qui comprend l'aménagement d’un carrefour giratoire, le début des travaux de construction de la chaussée de l'autoroute ainsi que la mise en place des fondations de l’imposant pont devant enjamber la rivière Famine. Les travaux de construction de l’autoroute se poursuivront au cours de la saison 2011-2012 et l’érection de la structure devant enjamber la rivière Famine sera complétée au cours de la même période.
Coût du projet
Le prolongement de l’autoroute Robert-Cliche (73) entre Beauceville et Saint-Georges nécessitera des investissements de plus de 230 millions de dollars. Dans le cadre du Fonds sur l’infrastructure frontalière (FIF), le gouvernement fédéral investira un montant de 40 millions de dollars.
Le ministère des Transports est responsable de la planification, de la coordination, de la gestion et du suivi du projet dans son ensemble.
Environnement et développement durable
Évaluation environnementale
Les deux derniers tronçons de l’autoroute Robert-Cliche ont fait l’objet d’études d’impact distinctes. La première, portant sur le tronçon entre la route du Golf à Beauceville et la 74e Rue (entrée nord) à Saint-Georges, a été transmise au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) pour analyse environnementale en juin 2005. L’étude qui traite de la partie entre la 74e Rue (entrée nord) et la route 204 Est à Saint-Georges a été remise au MDDEP en avril 2006. Ces études ont été rendues publiques respectivement en février et en décembre 2006, après quoi des présentations publiques ont été effectuées, pour le premier tronçon, en mars 2006 et, pour le second, en février 2007.
Les deux études d’impact ont fait ressortir des enjeux régionaux tels que :
la préservation de la qualité de vie et du milieu de vie des résidents
la préoccupation des représentants du milieu quant à la consolidation et la stimulation des activités économiques et industrielles
la sensibilité de la rivière Chaudière aux modifications hydrologiques
la préservation des activités agricoles
le relief accentué, qui limite la possibilité de conception du projet
Des audiences publiques ont été demandées pour le premier tronçon, et celles-ci ont eu lieu en octobre et en novembre 2006. Le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a été rendu public en mars 2007. En marge de ce processus, l’ensemble du prolongement a été soumis à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) en avril et en juillet 2006. La Commission a traité le dossier dans son ensemble et a rendu une décision favorable en juillet 2007. Cette décision a cependant été contestée devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ) pour le tronçon entre Beauceville et Notre-Dame-des-Pins. Le TAQ a par la suite rendu son jugement en juillet 2008 infirmant la décision de la CPTAQ, qui s’est vu retourner le dossier. Le 15 avril 2009, la CPTAQ a rendu sa deuxième décision en faveur du projet, décision qui a à nouveau fait l’objet d’un recours au Tribunal administratif du Québec.
Actuellement, le dossier se trouve toujours entre les mains du TAQ. Parallèlement, un décret a été adopté par le Conseil des ministres le 11 novembre 2009, autorisant entre autres le Ministère à utiliser les terres visées par le prolongement de l’autoroute 73 à des fins autres que l’agriculture. Par conséquent, les travaux pourront suivre leur cours entre Beauceville et Notre-Dame-des-Pins, notamment avec la poursuite de la collecte de données sur le terrain. Par la suite pourront être entamés l’élaboration du plan d’emprise, nécessaire à la réalisation des plans d’acquisition immobilière. Une fois terminés, ces plans seront présentés aux propriétaires concernés afin d’acquérir l’emprise routière nécessaire à la construction de chaussées.
Parallèlement à ces démarches, les plans et devis seront achevés. Les travaux de construction sur le terrain pourront alors se mettre en branle .
Mesures environnementales
Dans le cadre du projet de prolongement de l’autoroute Robert-Cliche (73), des mesures particulières seront mises sur pied afin d’assurer la sécurité des usagers et de préserver le milieu environnant.
Clôtures à cervidés
En premier lieu, puisque l’autoroute traverse un ravage de cerfs de Virginie au sud de la rivière Famine à Saint-Georges, un peu plus d’un kilomètre de clôture sera aménagé afin de restreindre l’accès des cervidés à l’emprise routière et permettre leur passage sécuritaire d’un côté à l’autre de la nouvelle route. Ainsi, des clôtures de 2,4 m de hauteur seront installées à des endroits stratégiques, de part et d’autre de la chaussée.
Rampes de fuite ou sautoirs
Des rampes de fuites ou sautoirs seront intégrés à divers endroits afin de permettre aux cerfs qui se seraient introduits dans la zone clôturée de regagner la forêt. Plus précisément, un sautoir est une butte non clôturée dont un côté constitue un muret difficilement franchissable pour l’animal provenant de la forêt, évitant ainsi les intrusions. Toutefois, cet obstacle est suffisamment bas pour permettre aux cerfs captifs à l’intérieur des clôtures de quitter l’emprise et de retourner dans leur milieu naturel.
Ces trois mesures entreprises par le Ministère tentent ainsi d’éviter un certain nombre d’accidents, phénomène problématique observé au cours de l’hiver et au début du printemps au Québec sur certaines routes sillonnant des zones où il y a une concentration de cervidés.
Passages à cervidés
Dans un même ordre d’idées, le Ministère profitera de la construction du pont enjambant la rivière Famine pour aménager sous la structure un passage favorisant la traversée sécuritaire des cerfs, leur permettant ainsi de continuer à jouir de leur habitat s’étendant des deux côtés de l’autoroute.
Talus écrans
Des talus seront aménagés à l’approche nord du carrefour giratoire situé sur la route 204 et à l’approche nord de la 90e Rue. Ceux-ci joueront à la fois un rôle d’écran visuel et de protection contre le bruit pour les résidents riverains.
Aménagement paysager
Des aménagements paysagers seront réalisés à divers endroits sur ce tronçon, notamment à la hauteur de la route 173 à Saint-Georges. Aménagé dans une optique de sécurité, cet espace végétal permettra d’indiquer un changement de milieu, soit l’entrée dans une zone urbaine, ce qui aura pour effet d’inciter les usagers à réduire leur vitesse.
Outre cette utilité, la plantation de végétaux peut remplir différentes fonctions telles que redonner un caractère plus naturel aux abords de route et aux cours d’eau traversés ou servir d’écran visuel et de brise-vent pour diminuer l’impact de la poudrerie sur la visibilité et l’état de la chaussée et ainsi favoriser la conduite en saison hivernale.
Bassins de rétention
Par ailleurs, des mesures d’atténuation seront appliquées pour limiter l’impact hydrologique relatif à la construction de la nouvelle route. En effet, le déboisement d’un secteur ainsi que l’excavation de fossés en bordure de la route font en sorte que l’eau arrive plus rapidement aux cours d’eau adjacents, ce qui peut contribuer à augmenter les débits de crue. Des bassins de rétention seront donc creusés à des endroits stratégiques dans le but de retenir temporairement le surplus d’eau et ainsi d’éviter d’augmenter le débit d’écoulement vers les cours d’eau du bassin versant de la rivière Chaudière.