L’échangeur Turcot a été inauguré en avril 1967, juste à temps pour l’ouverture officielle de l’Exposition universelle de Montréal. Il constitue une plaque tournante en ce qui a trait à la circulation routière dans la région de Montréal, puisqu’il permet de relier les autoroutes 15, 20 et 720, et facilite l’accès au pont Champlain. Il constitue également un lien essentiel entre l’aéroport international Pierre-Elliot-Trudeau de Montréal et le centre-ville.
Cet échangeur à trois niveaux, d’une hauteur moyenne de 18 mètres et qui culmine à plus de 30 mètres, enjambe l’ancienne gare de triage ferroviaire Turcot et le canal de Lachine. Il compte 15 structures et 12 bretelles permettant l’ensemble des mouvements de circulation. Sa construction a nécessité près de 170 000 m3 de béton et plus de 19 000 tonnes d’acier.
Après plus de 40 ans de service, le ministère des Transports doit procéder à une réfection majeure de cet échangeur, l’un des plus importants du Québec, sur lequel circulent quotidiennement plus de 280 000 véhicules.
Par ailleurs, la fin des activités ferroviaires dans l’ancienne gare de triage Turcot du Canadien National (acquise par le MTQ en 2003), le changement de vocation du canal de Lachine et la revitalisation des secteurs avoisinants représentent toutes des occasions pour le ministère des Transports de mieux intégrer les nouvelles infrastructures dans leur milieu.
Le complexe Turcot
En 2001, le Ministère a entrepris une étude des besoins en prévision de la réfection de l’échangeur Turcot. Celle-ci s’est ensuite élargie pour englober les échangeurs De La Vérendrye, Angrignon et Montréal-Ouest, de même qu’une portion de l’autoroute 20 (entre les échangeurs Turcot et Montréal-Ouest), de l’autoroute 15 (entre les échangeurs Turcot et De La Vérendrye) et de l’autoroute 720 (entre l’avenue Greene et l’échangeur Turcot). L’ensemble de ces infrastructures est désormais désigné sous le nom de complexe Turcot.
Le milieu
Ce projet touche à la fois le territoire de la ville de Montréal et de cinq de ses arrondissements : Le Sud-Ouest, Côte-des-Neiges−Notre-Dame-de-Grâce, Verdun, LaSalle et Lachine, ainsi que les villes de Montréal-Ouest et de Westmount.
Situé à moins de six kilomètres du centre-ville, le secteur où se situe le projet du complexe Turcot est bordé par le canal de l’Aqueduc et la falaise Saint-Jacques, de même que par des quartiers résidentiels et industriels. Le canal de Lachine longe le corridor de l’autoroute 20 et il est traversé par les structures menant à l’échangeur De La Vérendrye.
Le projet
Les infrastructures composant l’actuel complexe Turcot ont été mises en service au milieu des années 1960. Depuis 40 ans, ces structures ont subi, outre le poids des années, celui des véhicules (280 000 véhicules quotidiennement dans l’échangeur Turcot, dont 28 000 camions), de sorte que les sommes consenties à l’entretien, à la sécurisation et à la réfection ne cessent de croître. Il en va de même pour les travaux. En 2007, plus d’une centaine d’interventions ont été effectuées par rapport à 10 en 2004. L’une des conséquences les plus tangibles de ces travaux se mesure par le nombre croissant de fermetures et d’entraves, causant de la congestion et des retards dans les déplacements des usagers, autant sur les autoroutes que sur le réseau local.
Conformément à sa mission, qui est d’assurer, sur tout le territoire, la mobilité des personnes et des marchandises par des systèmes de transport efficaces et sécuritaires qui contribuent au développement durable du Québec, le ministère des Transports doit donc procéder à une réfection complète de ces échangeurs.
Le projet est aussi l’occasion de revitaliser ce secteur de Montréal, zone névralgique tant en matière de transport que de vitalité économique de la métropole. Dans cette optique, le Ministère a commandé plusieurs études dans le but d’obtenir un éventail de solutions qui amélioreraient la sécurité des usagers, limiteraient les impacts sur l’environnement pendant les travaux et après la mise en service des nouveaux échangeurs et assureraient une intégration harmonieuse des nouvelles infrastructures à leur milieu.
Les solutions possibles
Deux solutions ont été envisagées : la réparation et la reconstruction des infrastructures autoroutières existantes. Bien qu’elle eût permis d’étaler les dépenses dans le temps, l’option de réparation a été écartée, car elle comportait un trop grand nombre d’inconvénients (interventions d’urgence difficilement prévisibles, ralentissement de la circulation, fermetures prolongées, durée des travaux, etc.). De plus, une reconstruction complète des échangeurs aurait été nécessaire à moyen terme malgré un investissement important en réparation.
L’option de reconstruction a donc été retenue. Par la suite, différentes variantes ont fait l’objet d’une analyse multicritère (considérations techniques, financières, sociales et environnementales) afin de déterminer celle qui serait optimale.
La solution retenue
La solution retenue consiste essentiellement à reconstruire les quatre échangeurs (Turcot, De La Vérendrye, Angrignon et Montréal-Ouest) sous ou à côté des structures existantes et à déplacer l’autoroute 20 et les voies ferrées vers le nord, dans la portion comprise entre les échangeurs Turcot et Montréal-Ouest. Cette solution mise essentiellement sur le rabaissement des structures pour en reconstruire un maximum au niveau du sol ou en remblai.
En retenant cette solution, le MTQ a opté pour la reconstruction des échangeurs sans augmenter le nombre de voies de circulation. Cependant, les réaménagements prévus et l’ajout d’accotements amélioreront la fiabilité du réseau et la sécurité routière.
Les principales caractéristiques
Reconstruction de l’échangeur Turcot principalement en remblai en abaissant la hauteur des structures.
Reconstruction de l’échangeur De La Vérendrye et d’un tronçon de l’autoroute 15 en remblai et déplacement vers le nord par rapport à leur emplacement actuel.
Reconstruction de l’échangeur Angrignon à l’ouest de la structure existante.
Reconstruction de l’échangeur Montréal-Ouest au niveau du sol.
Inversion des voies de circulation de l’autoroute 20 à l’ouest de l’échangeur Turcot. - Déplacement de l’autoroute 20 vers le nord.
Déplacement des voies ferrées vers le nord.
Reconstruction de l’autoroute 720 en remblai entre l’échangeur Turcot et l’avenue Greene.
Sur le plan technique, cette solution a pu être retenue parce que les conditions du milieu au moment de la construction de l’échangeur Turcot dans les années 1960 n’existent plus. La grande élévation de certaines structures se fondait sur :
la hauteur libre nécessaire au-dessus du canal de Lachine qui faisait office de voie maritime au moment de la construction pour le passage des bateaux et qui est aujourd’hui un lieu de navigation de plaisance;
la hauteur nécessaire pour passer au-dessus des voies ferrées du CN de la gare de triage Turcot.
En plus de répondre à l’ensemble des besoins et des enjeux, cette solution est celle comportant le plus d’avantages après la mise en service des échangeurs :
des infrastructures mieux intégrées à leur milieu;
des coûts d’entretien réduits de manière substantielle;
le développement de l’immense terrain de l’ancienne gare de triage Turcot désormais désenclavé.
Cette solution est également celle causant le moins de nuisance pendant la période des travaux :
durée plus courte;
restriction au minimum des fermetures de voies autoroutières et municipales pour éviter que des dizaines de milliers de véhicules transitent chaque jour par les rues avoisinantes.
Le transport collectif et actif
Le projet prévoit la mise en place de nombreuses mesures visant à favoriser le transport collectif et actif. En voici une brève description :
Voie réservée pour le transport collectif au centre de l’autoroute 20;
Mesures préférentielles pour les autobus dans l’axe de la rue Notre-Dame;
Corridor réservé pour l’implantation d’un éventuel lien ferroviaire entre le centre-ville, l’aéroport international P.-E.-Trudeau de Montréal et l’ouest de l’île de Montréal;
Mesures préférentielles en transport collectif pour atténuer les impacts sur la circulation pendant les travaux;
Aménagement d’une piste multifonctionnelle au pied de la falaise Saint-Jacques pour les piétons et les cyclistes;
Réaménagement et élargissement des trottoirs existants pour les rendre plus sécuritaires;
Aménagement d’une nouvelle piste cyclable sur le boulevard Sainte-Anne-de-Bellevue et la rue Notre-Dame;
Relocalisation du lien cyclable permettant de relier les pistes du canal de l’Aqueduc et du canal de Lachine (actuellement localisé sous l’échangeur de La Vérendrye). Ce lien sera relocalisé le long de la rue de Roberval dans un décor plus convivial et un environnement sécuritaire pour les cyclistes.
L'intégration harmonieuse
Le concept retenu de même que l’ensemble des mesures d’atténuation associées au projet permettront de manière générale d’améliorer la qualité de vie dans les milieux résidentiels voisins :
l’aménagement d’écrans antibruit diminuera le niveau de bruit par rapport à la situation existante dans les zones sensibles;
le traitement architectural et les aménagements paysagers assureront une amélioration de l’environnement et réduiront la formation d’îlots de chaleur;
à certains endroits, comme devant la rue De Roberval, l’éloignement de l’autoroute des résidences créera une zone tampon améliorant la situation en ce qui a trait au bruit, à la qualité de l’air et à l’environnement visuel.
Les partenaires
Le ministère des Transports est maître d’œuvre du projet de reconstruction du complexe Turcot. Pour la conception de ce projet, le Ministère travaille en concertation avec ses partenaires : les municipalités et arrondissements touchés, la Société de transport de Montréal, l’Agence métropolitaine de transport et d’autres ministères. Divers comités de travail réunissant les experts du Ministère et de ses partenaires sont en place depuis plusieurs mois.
De plus, le Ministère a amorcé des activités de consultation de la population et des organismes communautaires, socioéconomiques et environnementaux dès l’étude des besoins en 2004. Dans le cadre de l’étude des solutions, il a organisé, à l’automne 2007, des rencontres avec la population et des organismes pour présenter la solution privilégiée et prendre connaissance des points de vue et des préoccupations de tous afin d’optimiser le projet. Plusieurs éléments soulevés lors de ces rencontres ont d’ailleurs permis de bonifier le concept.
Le processus de conception se poursuit, et le Ministère invite les citoyens à faire part de leurs commentaires et préoccupations.
La liste des différentes orientations et politiques qui ont guidé le Ministère dans l’élaboration du projet Turcot est disponible sous l'onglet « Documentation ».
Calendrier de réalisation
Évaluation environnementale*
Période d'information et de consultation publique du BAPE: du 24 mars au 8 mai 2009
Première partie de l’audience publique du BAPE : du 11 au 14 mai 2009
Deuxième partie de l’audience publique du BAPE : du 15 au 19 juin 2009
Dépôt du rapport de la commission d’enquête à la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs : 11 septembre 2009
Publication du rapport : 10 novembre 2009
Décret gouvernemental en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement : hiver 2009-2010
Avant-projet préliminaire : juillet 2009
Avant-projet définitif : 2010
Construction : 2010 à 2016
Mise en service graduelle : septembre 2015
* L'échéancier est sous la responsabilité du MDDEP, du BAPE et du Conseil des ministres. Le calendrier de réalisation est à titre indicatif.
Coût du projet
Le coût de ce projet est évalué à 1,5 milliard de dollars (en dollars courants).
La maquette physique du projet peut être vue les mardis, mercredis et jeudis entre 13 h et 16 h sur rendez-vous.
Pour prendre rendez-vous, communiquez avec nous par téléphone au numéro 514 873-3838.
Environnement et développement durable
Le concept de développement durable s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte les dimensions environnementale, sociale et économique des activités de développement. Lors de la planification du projet de reconstruction du complexe Turcot, les principes de développement durable ont été pris en considération par les concepteurs et le ministère des Transports.
La durabilité de l’infrastructure permettra :
la diminution des coûts d’entretien pour les générations futures;
la sécurité des usagers et des riverains;
l’amélioration de la qualité de vie par une meilleure intégration du projet dans le milieu;
la protection et la mise en valeur des milieux sensibles (falaise Saint-Jacques et canal de Lachine).
Le projet permettra également :
la réutilisation des matériaux de démolition;
la réhabilitation des terrains contaminés.
De plus, lors de la réalisation de l’étude d’impact sur l’environnement, plusieurs mesures d’atténuation et de bonification ont également été proposées pour limiter les nuisances liées à la présence des infrastructures routières dans le milieu. Ces mesures concernent entre autres :
la mise en place de murs antibruit;
la plantation massive de végétaux dans les emprises qui servent d’interface avec le milieu urbain;
le réseau multifonctionnel au pied de la falaise Saint-Jacques;
l’amélioration du réseau cyclable.
Visuels du projet
Vous trouverez ci-dessous des photos présentant certains secteurs situés près des infrastructures actuelles ainsi que des simulations proposées par le ministère des Transports dans le cadre du projet de reconstruction du complexe Turcot.
Situation actuelle / Situation projetée
Audiences publiques
Le 16 avril 2009, la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs a donné le mandat au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) de tenir une audience publique concernant le projet de reconstruction du complexe Turcot. Ce mandat a débuté le 11 mai 2009 et s'est terminé le 11 septembre 2009 par le dépôt du rapport d'enquête et d'audience publique à la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Mme Line Beauchamp. Ce rapport a été rendu public par le BAPE le 10 novembre 2009 à la demande de la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs.
Ce n’est qu’après l’obtention des autorisations gouvernementales requises que le ministère des Transports pourra commencer les travaux.