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L'Enquête sur le camionnage de 1999 permet de dresser un portrait de l'activité du camionnage de longue distance au Québec. Cette collecte de données, réalisée en bordure des routes, s'inscrit dans une vaste enquête pancanadienne parrainée par le Conseil canadien des administrateurs de transport motorisé (CCATM). Elle a été réalisée grâce à une collaboration entre Transports Québec, Transports Canada et les autres provinces et territoires canadiens. Sous la coordination de la Eastern Border Transportation Coalition (EBTC) et de la Federal Highway Administration (FHWA), les États du Maine, du Vermont, de New York, du Michigan, du Minnesota et de Washington ont participé financièrement à l'enquête dans le but d'accroître l'échantillon de camions interceptés aux frontières canado-étasuniennes.

Au Québec, 16 800 véhicules lourds 1 ont été interceptés à l'un des 51 sites d'enquête établis en bordure des routes québécoises. À ce nombre s'ajoutent 7900 observations provenant de camions interceptés ailleurs au Canada et dont on sait que le déplacement s'est effectué en partie sur les routes du Québec. Après validation, la taille de l'échantillon utilisable pour l'analyse des déplacements interurbains de véhicules lourds qui s'effectuent sur les routes du Québec s'élève à 20 101 observations.

Flux interurbains de véhicules lourds
Semaine d'automne 1999

Carte illustrant les flux interurbains de véhicules lourds - Semaine d'automne 1999
Source : Transports Québec, Enquête sur le camionnage de 1999 (version 1.0)

Signalons que le Québec a fourni un effort considérable pour valider les données provenant de l'enquête. Pas moins de la moitié des observations ont nécessité des corrections; ce travail de validation et la taille importante de l'échantillon contribuent à la fiabilité des résultats.

L'enquête fournit des données factuelles concernant les itinéraires empruntés par les camionneurs, les lieux d'origine et de destination, le poids et la configuration du camion, la nature de son chargement, le type de véhicule et ses équipements, la catégorie de transporteur, etc. Les informations sur les déplacements sont à tel point précises qu'en plus de permettre de bien saisir les mouvements de camions entre le Québec et les provinces et les États qui sont ses partenaires économiques, elles permettent de décrire les mouvements interrégionaux sur son propre territoire.

L'enquête fournit des données factuelles concernant les itinéraires empruntés par les camionneurs, les lieux d'origine et de destination, le poids et la configuration du camion, la nature de son chargement, le type de véhicule et ses équipements, la catégorie de transporteur, etc. Les informations sur les déplacements sont à tel point précises qu'en plus de permettre de bien saisir les mouvements de camions entre le Québec et les provinces et les États qui sont ses partenaires économiques, elles permettent de décrire les mouvements interrégionaux sur son propre territoire.

Une proportion élevée des 240 000 déplacements enregistrés au Québec sont liés au commerce avec les partenaires extérieurs

Environ 240 000 déplacements interurbains de camions lourds s'effectuaient sur les routes du Québec pendant une semaine d'automne 1999. Environ 130 000 (54 %) desservaient le marché domestique du Québec, c'est-à-dire qu'ils avaient le Québec à la fois comme origine et comme destination du déplacement.

Quant aux 5600 déplacements en transit, qui n'ont donc ni leur origine ni leur destination au Québec, ils ne comptent que pour 2 % du trafic empruntant son réseau routier.

Les déplacements qui découlent des échanges entre le Québec et les autres provinces canadiennes et les États-Unis, au nombre de 105 000, représentent 44 % des déplacements interurbains de véhicules lourds circulant au Québec.

Le commerce extérieur effectué par camion se fait d'abord avec l'Ontario

Sur ces 105 000 voyages hebdomadaires, près de 60 000 mouvements, soit 57 % des déplacements externes, concernent le marché Québec–Ontario.

Les 38 500 voyages qui assurent les liens économiques entre le Québec et les États-Unis présentent 37 % des déplacements entre le Québec et ses marchés extérieurs. Les autres (6500) ont comme destination ou origine les autres provinces canadiennes.

Une forte croissance du transport routier des marchandises entre le Québec et ses partenaires économiques

Entre 1995 et 1999, le nombre de déplacements interurbains de camions assurant les échanges avec nos partenaires ontariens et étasuniens a crû respectivement de 94 et 77 %. Cette forte croissance va de pair avec celle de l'industrie du transport pour compte d'autrui. Ce type de transport, dont le parc de véhicules a augmenté de plus de 100 % entre 1995 et 2002 au Québec, assure la majeure partie des déplacements liés au commerce extérieur.

Les deux tiers du trafic outre-frontière se font par les postes frontaliers québécois

Les échanges du Québec avec son voisin américain se concentrent principalement dans les États du nord-est. C'est ce qui explique que les deux tiers des 38 500 camions qui assurent des liaisons entre les États américains et le Québec, soit 25 000, pénètrent ou quittent le territoire québécois en empruntant l'un de ses postes transfrontaliers. Le dernier tiers franchit l'un des postes frontaliers situés entre l'Ontario et les États-Unis.

L'A-15 / I-87 constitue le principal corridor de commerce entre les États-Unis et le Québec, puisque 40 % (15 000) des véhicules lourds circulant entre le Québec et les États-Unis utilisent le poste frontalier de Lacolle.

Le pont Thousand Islands, à la hauteur de Lansdowne en Ontario, est la deuxième porte en importance pour les échanges Québec–États-Unis effectués par camion, avec un passage hebdomadaire de 5500 camions dont l'origine ou la destination est le Québec.

Un peu moins de camions (5100) circulent dans l'axe de la R-133 / I-89, qui forme le troisième corridor en importance pour les échanges entre le Québec et les États-Unis. Le poste douanier de Saint-Armand est le deuxième en importance sur le territoire québécois.

Autoroute 20 et highway 401 : le corridor de commerce le plus achalandé

Le nombre de camions dans le corridor A-20 / H-401, à la frontière québéco-ontarienne, est trois fois plus élevé que sur l'autoroute 15 au poste douanier de Lacolle, qui est le plus achalandé entre le Québec et les États-Unis. Les 48 000 déplacements hebdomadaires de camions dans ce corridor en font l'axe le plus important du commerce extérieur du Québec. Quelque 35 000 déplacements s'effectuant à cet endroit ont l'Ontario comme origine ou destination, alors que la majorité des autres ont pour point de départ ou d'arrivée le territoire des États-Unis. La plupart des déplacements dans ce corridor s'effectuent dans l'axe Toronto-Montréal.

Quoique moins achalandé que les autoroutes 15 et 20 aux frontières du Québec, le corridor A-40 / H-417 à la frontière ontarienne est le point de passage de 13 000 déplacements de camions lourds, ce qui en fait la troisième porte d'entrée et de sortie du Québec.

Enfin, le débit sur la route 185, à la frontière du Québec et du Nouveau-Brunswick, de l'ordre de 8500 camions par semaine, est plus élevé que celui observé au deuxième poste douanier du Québec, soit Saint-Armand sur la route 133.

Identification des corridors routiers

Dans ce document, par convention, les différents axes routiers sont désignés comme suit :

  • Les autoroutes québécoises sont désignées par leur numéro, précédé de A : l'A-40.
  • Les routes québécoises sont désignées par leur numéro, précédé de R : la R-133.
  • Les « highways » canadiennes sont désignées par leur numéro, précédé de H : la H-417.
  • Les routes constituant le réseau « Interstate » étasunien sont désignées par leur numéro, précédé de I : la I-87.

C'est avec le sud du Québec que se fait principalement le commerce extérieur 2 effectué par camion

Environ 75 % des déplacements se dirigeant vers l'Ontario partent des régions administratives de Montréal, de l'Outaouais, de la Montérégie, de Laval et des Laurentides. Les déplacements à destination des États-Unis proviennent dans une proportion de 55 p. 100 de Montréal et de la Montérégie.

Des 41 000 camions qui réalisent chaque semaine un déplacement interurbain à partir de l'île de Montréal, 43 % (18 000 déplacements) s'acheminent vers les marchés extérieurs, alors que la région de la Capitale-Nationale engendre trois fois moins de déplacements (14 000) et n'en expédie que 8 % (1100 déplacements) vers les marchés extérieurs.

En règle générale, plus la région est au sud du Québec, plus la proportion de ses échanges de camionnage tournée vers le marché extérieur est forte.

C'est au sud du Québec que sont concentrés les déplacements interurbains de camions lourds

Montréal et la Montérégie sont à elles seules à l'origine de presque 45 p. 100 des déplacements qui sont produits au Québec. Les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches ainsi que l'ensemble des autres régions administratives situées au sud et au sud-est totalisent plus de 90 p. 100 des 183 000 déplacements interurbains de camions lourds engendrés par le Québec.

Ainsi plus de kilomètres sont parcourus sur les réseaux de nos partenaires que chez nous

Beaucoup de déplacements interurbains sont effectués un peu partout sur le vaste territoire québécois, mais la majorité se font dans les régions les plus au sud. Comme ces régions ont des relations économiques étroites avec les marchés externes, qui sont à leur porte, les parcours en direction ou en provenance de celles-ci comportent de faibles distances en sol québécois et des distances beaucoup plus élevées sur les territoires des partenaires. C'est ainsi que, pour une semaine de l'automne 1999, 51 des 88 millions de kilomètres parcourus sur le réseau routier panaméricain, pour des échanges impliquant le Québec, l'ont été chez ses voisins (58 p. 100).

Les déplacements interurbains ont une longueur moyenne de 400 km et sont assurés très majoritairement par des camions semi-remorques

Les courts déplacements, inférieurs à 80 km, ne représentent que 12 % des 240 000 déplacements interurbains qui se font sur le réseau routier québécois. Les longs déplacements, supérieurs à 800 km, ne sont pas plus nombreux, puisqu'ils ne comptent que pour 11 % de tous les déplacements. Le créneau le plus important, qui compte pour près de 60 % des déplacements totaux, correspond à des distances se situant entre 80 et 400 km.

Les tracteurs et semi-remorques assurent 71 % des déplacements interurbains qui se font en partie sur le réseau routier québécois. La distance moyenne parcourue par ce type de camions est de 475 km. La plupart du temps, les camions porteurs effectuent de courts déplacements; ils assurent 24 % du nombre total de déplacements, avec une distance moyenne de parcours de 160 km. Les trains routiers, quant à eux, parcourent en moyenne 440 km et comptent pour 5 % des déplacements.

Le camionnage de longue distance transporte principalement des produits dérivés des ressources du territoire

Les trois catégories de marchandises « Bois, produits du bois, papier et imprimerie », « Produits alimentaires » et « Minerais et produits minéraux » sont à elles seules à l'origine de 56 % des déplacements, de 66 % du poids des marchandises transportées et de 57 % de la distance parcourue par l'ensemble des camions.

La catégorie « Bois, produits du bois, papier et imprimerie », qui est celle qui engendre le plus grand nombre de déplacements 37 500), est particulièrement importante dans les échanges avec les États-Unis : elle y représente 30 % des déplacements de camions ayant de la marchandise à bord.

Deuxième catégorie en importance, les « Produits alimentaires » sont associés à 33 000 déplacements par semaine. Les origines et les destinations principales pour cette catégorie de déplacements sont les pôles les plus densément peuplés du Québec. Plus du quart de ces déplacements sont liés au commerce avec l'Ontario, qui constitue d'ailleurs le principal marché externe pour cette catégorie.

Les « Minerais et produits minéraux » sont également à l'origine de nombreux déplacements à l'intérieur du Québec, de même que vers les provinces et États voisins, soit près de 24 000 par semaine.

Une part importante des véhicules lourds se déplacent à vide

Les voyages sans cargaison à bord sont au nombre de 76 000, ce qui représente pas moins de 32 % de tous les déplacements de camions. C'est sur le marché intraprovincial que la proportion de camions vides est la plus élevée : 38 %. Le marché international a l'efficacité la plus élevée, puisque 82 % des véhicules circulant, dans un sens ou dans l'autre, entre le Québec et les États-Unis transportent de la marchandise.

Montréal : avant tout un pôle d'échanges économiques

La région montréalaise est une plaque tournante du transport des marchandises en raison du dynamisme et du nombre de ses entreprises manufacturières, de sa situation géographique, de son poids démographique et de son rôle intermodal important. Compte tenu de sa situation géographique et de l'absence de routes de contournement, elle est aussi le lieu de passage obligé de plusieurs déplacements. Tous ces facteurs concourent à une forte utilisation de son réseau routier.

Il y a 152 000 déplacements hebdomadaires de camions qui se font, dans un sens ou dans l'autre, en franchissant les limites du territoire de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal. De ce nombre, quelque 31 000 ne sont ni en provenance ni à destination de la RMR de Montréal. C'est donc dire que 21 % des déplacements qui traversent les limites de la RMR sont en transit pour assurer les échanges entre les autres régions du Québec ou de l'Amérique du Nord.

Sur les 152 000 déplacements exogènes à la grande région de Montréal, la très grande majorité (83 %), soit 126 000, empruntent le réseau routier de l'île de Montréal. C'est donc plus de la moitié des 240 000 déplacements interurbains par camion de tout le territoire québécois qui se font en partie sur le réseau routier de l'île de Montréal.

Plus de 70 p. 100 des 31 000 déplacements transitant dans la RMR de Montréal utilisent le réseau de l'île de Montréal. Ces 22 000 déplacements ne constituent tout de même que 18 p. 100 des 126 000 déplacements exogènes circulant sur l'île de Montréal.

En fait, des 152 000 déplacements de camions exogènes à la RMR de Montréal, 103 000 (68 %) ont l'île de Montréal comme point de départ ou d'arrivée. Cette convergence des déplacements interurbains de véhicules lourds sur le réseau routier montréalais montre que l'île de Montréal elle-même constitue un pôle majeur des échanges de marchandises à l'échelle du Québec et de l'Amérique du Nord.

L'autoroute 40 sur l'île de Montréal : l'épine dorsale du transport des marchandises

Sur une base hebdomadaire, plus de 100 000 déplacements de longue distance par camion lourd empruntent, en totalité ou en partie, dans un sens ou dans l'autre, l'autoroute 40 sur l'île de Montréal, ce qui en fait de loin le corridor interurbain le plus sollicité au Québec.

Pratiquement tous les déplacements en provenance ou direction de l'Ontario, de l'ouest des États-Unis et de l'Outaouais empruntent l'A-40 sur l'île de Montréal, comme le montre la figure ci-contre représentant la part relative (en rouge) des flux de camions lourds empruntant ce corridor par rapport à l'ensemble des déplacements, illustrés en noir. Une part importante des déplacements s'effectuant avec le nord-est des États-Unis par la route 133 et les autoroutes 15 et 55 empruntent également l'A-40 à Montréal. 

Flux interurbains de véhicules lourds
sur l'autoroute 40 dans l'île de Montréal
Semaine d'automne 1999

Carte illustrant les flux interurbains de véhicules lourds sur l'autoroute 40 dans lÎle de Montréal - Semaine d'automne 1999
Source : Transports Québec, Enquête sur le camionnage de 1999 ) (version 1.0)

Tous ces déplacements expliquent la distance moyenne relativement élevée des déplacements interurbains qui se font sur l'autoroute 40 à Montréal, soit 525 km.

Cette figure permet aussi de constater que les déplacements sur les axes routiers assurant la desserte des régions québécoises situées au nord du Saint-Laurent (Abitibi-Témiscamingue, Outaouais, Laval, Laurentides, Lanaudière et Mauricie) utilisent aussi massivement l'A-40. L'essentiel de l'achalandage de l'A-40 sur l'île de Montréal correspond néanmoins à des déplacements qui y ont leur origine ou leur destination.

Les déplacements interurbains comportent peu de tournées et sont principalement effectués pour compte d'autrui

Le transport pour compte d'autrui correspond à plus des deux tiers (68 %) des déplacements interurbains de camions lourds décrits par l'enquête, alors que le reste est effectué par des transporteurs pour compte propre.

Pour les trois quarts des déplacements, la livraison de marchandises correspond à des acheminements directs, les autres consistant en des tournées de collecte ou de livraison.

On constate aussi que les trois quarts des déplacements de camions dont l'origine est au Québec ont pour point de départ soit la base de transport, l'entreprise manufacturière ou un centre de distribution.

Une riche base de données à exploiter

Le document intégral explique plus en détail les faits saillants qui viennent d'être exposés, de même que les principaux aspects méthodologiques entourant l'Enquête sur le camionnage de 1999 et son exploitation. La base de données provenant de cette enquête recèle un énorme potentiel pour l'analyse du transport interurbain des marchandises au Québec, qui pourra être mis à profit, graduellement, au fil des ans.


Retour au texte.1 Camions de 3000 kg et plus en charge totale.
Retour au texte.2 Commerce effectué à l'extérieur des frontières du Québec, donc avec les autres provinces canadiennes et les États-Unis.

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